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La biodiversité... Les biodiversités...


Quand on parle de biodiversité on pense à la « nature », c'est à dire à la faune et à la flore. Mais l'homme dans tout cela ?

Certains placent l'homme, comme un être à part, créé en dehors de la nature. Les sciences humaines et la raison considèrent l'humain comme faisant partie de la nature, même si par ses capacités à modifier son environnement et/ou sur le plan spirituel il est possible de considérer qu'il y tient une place à part.

Certains peuples vivent en harmonie avec leur environnement, ne prélevant que ce qu'il faut, ayant une connaissance fine des ressources et des capacités de régénération du milieu. Souvent ils se sont adaptés à des conditions difficiles. Ils ont créé un mode de vie durable et discret.

L'homme moderne, favorise prioritairement la possession, « homo économicus » a élever des cathédrales et des tours vertigineuses, il consomme des quantités d'énergie colossales, il vole dans les airs et dans l'espace, il asservit son environnement, colonise la planète pour apporter, ou le plus souvent imposer son mode de pensée... Mais à quel prix ?

A l'appauvrissement de la biodiversité faunistique et floristique, à l'épuisement des ressources, nos modes de vie rajoutent l'appauvrissement de la biodiversité humaine : peuples exterminés culturellement et/ou physiquement, Bédouin du Sinaïdisparition de savoirs faire ancestraux, disparition de langues...

Le texte ci-dessous est extrait et adapté du journal « La revue Durable » N°26 du mois d'octobre 2007.
Il élargit la notion de biodiversité et pose la question : notre modèle de civilisation est il durable ?


La biodiversité culturelle

A voir (ou à entendre) sur Internet

La répartition des langues dans le monde

Les langues régionales en France


La biodiversité culturelle

La caractéristique la plus remarquable de la vie sur Terre est son extrême diversité qui a deux facettes : la biodiversité constituée de millions d'espèces de plantes, et d'animaux, formant de multiples écosystèmes ; la diversité culturelle qui comprend toutes les cultures, langues, religions et philosophies propres aux sociétés humaines.


Tour de Babel

La diversité des langues est un indicateur majeur de la diversité culturelle.Enfants Masaï au Kenya

En 2000, le catalogue des langues parlées comptabilisait 6809 langues dont 114 par signes dans 228 pays.

Une large majorité des langues est pratiquée par un nombre très réduit de locuteurs.
Plus de 95 % des langues parlées ont moins d'un million d'utilisateurs.

La plus grande diversité linguistique se trouve chez les minorités qui parlent la langue de leurs ancêtres. Environ 300 millions de personnes sont autochtones et parlent plus de 5000 langues. Elles vivent dans plus de 70 pays répartis de l'Arctique à l'Amazonie, du Sahara au Pacifique. Plus de 150 millions vivent an Asie. Environ 30 millions vivent en Amérique Latine où ils totalisent plus de la moitié des populations boliviennes, guatémaltèques et péruvienne (Unesco 2003).


Médecine traditionnelle

Les différentes formes de médecine sont une autre manifestation de la biodiversité culturelle. La médecine traditionnelle se réfère à des pratiques, approches, connaissances, et croyances fondées sur des médicaments, thérapies spirituelles, techniques manuelles et exercices incorporant des plantes, des animaux et des minéraux pour établir un diagnostic, traiter ou prémunir contre une maladie ou maintenir un état de bien être.Famille maya au Yucatan

Les chiffres de l'Organisation Mondiale de la santé attestent l'étendue des pratiques médicinales traditionnelles (OMS 2003).

En Chine, les préparations traditionnelles d'herboristerie comptent pour 30 à 50 % de la consommation totale de médicaments.

Au Ghana, au Mali, au Nigeria et en Zambie, le premier traitement de 60 % des enfants ayant une forte fièvre paludique est l'utilisation à la maison d'un médicament à base d'herbes.

En Allemagne, 90 % de la population ont utilisé une remède naturel dans leur vie. De 1995 à 2000, le nombre de médecins allemands ayant suivi une formation en médecine traditionnelle a presque doublé, passant à 10 800.

Le marché global pour les plantes médicinales dépasse les 60 milliards de dollars par an et grossit de façon stable.

Double vague d'extinction

Des centaines de langues ont disparu au cours des siècles passés, surtout depuis le 15ème siècle et le début de la colonisation européenne. Compte tenu de cette évolution, la diversité culturelle est menacée sur une échelle sans précédant. Depuis un siècle, environ 600 langues ont disparu. A ce rythme, 90 % des langues seront perdues d'ici 2100.

Presque 2500 sont en danger d'extinction immédiates et un nombre plus élevé encore est en train de perdre les contextes écologiques qui les rendent vivantes.

Ce constat a conduit les sciences de l'environnement et les sciences sociales à adopter une vision intégrée « bioculturelle » de la crise environnementale, les mêmes causes socio-économiques et politiques érodant ensemble la biodiversité et la diversité culturelle.

Les premières causes d'érosion de la biodiversité culturelle sont l'assimilation nationale et la globalisation économique. Les changements socio-économiques et politique rapides affectent les sociétés locales, les aliènent de leurs formes traditionnelles de vie, voire les retirent de leurs environnements originels.Femme Bochiman au Botswana

L'exploitation non durable des ressources naturelles par l'agro-alimentaire industrielle, l'élevage de bovins, l'abattage de bois, l'exploitation minière et pétrolière, la création de grands barrages, le développement urbain emportent tout à la fois les écosystèmes, les peuples qui y vivent, leurs langues et les savoirs qu'elles véhiculent.

Les populations autochtones n'ont bien souvent le choix qu'entre l'assimilation culturelle totale ou la marginalisation complète et l'exclusion d'une société orientée vers les valeurs ou les choix de vie européens, aux préjugés négatifs, fortement discriminants vis à vis de toute culture différente.

La « supériorité » occidentale

Les adeptes de la supériorité de la culture occidentale avait besoin d'un critère, d'une marque objective pour démontrer qu'elle est à la pointe de l'évolution sociale, au sommet du progrès humain, appelé à dominer les autres civilisations dans sa marche triomphale vers l'avenir. L'anthropologue américain Leslie A. White (1900 - 1975) l'a trouvé et en a fait une référence : la quantité d'énergie dépensée par habitant. La quantité d'énergie qu'une culture est capable de consommer, pensait-il, est la mesure qui permet de juger son degré relatif d'évolution.Femmes Inuits Québec Cette notion est aujourd'hui en perte de vitesse.

Le critère de la durabilité

L'anthropologue français Claude Levi Strauss a publié en 1952 sous l'égide de l'organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culturelle (UNESCO) un texte « Race et histoire ».

Ce document a scellé le débat sur la culture occidentale perçue comme la pointe avancée de l'évolutionnisme social.

Il y souligne que d'autres critères placeraient d'autres cultures au premier rang de l'évolution humaine. Par exemple si l'on prend le degré d'aptitude à triompher des milieux géographiques les plus hostiles, il n'y a guère de doutes, écrit-il, que les Esquimaux d'une part et les Bédouins d'autre part emporteraient la palme.

Si l'on suit le raisonnement de Claude Lévi Strauss, il apparaît que du point de vue de la durabilité, les peuples autochtone affichent une nette supériorité sur les Occidentaux. Et ce qui fait la force des connaissances et des compétences de tous ces peuples, c'est leur extrême diversité en harmonie avec les écosystèmes dans lesquels ils vivent.

Le monde a changé

Famille pygmé au Congo

Mais bien entendu, le monde en 2007 n'est plus celui qui existait avant les grandes conquêtes du 16è siècle, la révolution industrielle, les colonisations puis au 20è siècle, l'explosion des sciences et des technologies et la volonté d'étendre le développement, le marché et l'idée d'une énergie disponible à l'infini et parfaitement maitrisable jusque dans les derniers recoins de la planète.

En conséquence, plus aucun peuple indigène n'échappera au contact avec le monde « moderne ».

Face aux menaces induites par ces contacts, leur salut et celui de l'humanité ne pourront venir que du respect des différences culturelles qui rendent possible une plus ample fécondation mutuelle entre les sociétés occidentalisées, leurs sciences et leurs technologies, et les diverses visions du monde qui, associées à des écosystèmes particuliers, subsistent encore un peu partout.

La diversité des visions du monde et des langues qui y donnent accès offre en effet un immense réservoir de solutions aux multiples défis de la survie de l'humanité.

Plus ces options seront nombreuses, plus il est probable que certaines se révèleront très utiles, voire vitales.

Chanteur de country aborigène Australie



A voir (ou à entendre) sur Internet

Sur les langues sifflées

L'association Le Monde Siffle à pour objectif de développer la recherche scientifique contribuant à la documentation, la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine oral des populations pratiquant la parole sifflée ou la parole jouée sur instruments (tambours parleurs, xylophones, flutes...);

http://www.lemondesiffle.free.fr/index.htm


« La Revue Durable »

La Revue Durable est une revue de vulgarisation francophone sur l'écologie et le développement durable. Elle intervient sur tous les thèmes d'actualité qui relèvent de ces domaines.

http://www.larevuedurable.com/


Claude Lévi Strauss

Claude Lévi-Strauss, né le 28 novembre 1908 à Bruxelles, mort le 30 octobre 2009 à Paris, est un anthropologue et ethnologue français qui a exercé une influence décisive sur les sciences humaines dans la seconde moitié du XXe siècle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_L%C3%A9vi-Strauss


Survival : aide aux peuples indigènes

Survival est la seule organisation mondiale soutenant les peuples indigènes par des campagnes d'opinion. Elle fut fondée en 1969 à la suite d'un article de Norman Lewis, dans le journal britannique Sunday Times dénonçant les massacres, le vol des terres et le génocide en Amazonie brésilienne. Tout comme beaucoup d'atrocités contemporaines, l'oppression raciste des Indiens du Brésil était accomplie au nom de la 'croissance économique'.

http://www.survivalfrance.org/


Campagne contre les préjugés liés aux indigènesSurvival lance une nouvelle campagne pour attirer l’attention des médias sur l’usage abusif d’un vocabulaire chargé de stéréotypes et de préjugés dans leur traitement de l’actualité des peuples indigènes.

http://www.survivalfrance.org/campagnes/racisme


Photos Internet, du Haut en bas : - Bédouin du Sinaï - Enfants MasaÏ du Kenya - Famille Maya au Yucatan - Femme Bochiman au Botswana - Femmes Inuit au Québec - Panneau en Français et en inuit en Baie James au Québec - Famille Pygmé au Congo - Troy Casarcha, chanteur de Contry d'origine aborigène en Australie.


Répartition des langues dans le monde

Répartition des langues dans le monde


Les langues régionales en France


Langues locales en France et dans les régions frontalières


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